Dessins aériens, performance

« Dessins aériens »

Performance, 2014
Sandra Ancelot et Vincent Van Tilbeurgh

A l’issue de la résidence à l’ENACR qui s’est tenue du début du mois de mai jusqu’au 12 juillet 2014, nous avons présenté nos recherches.

Pour cette performance, le dessin aérien s’articulait en trois temps. Premier temps : un vol latéral à fleur de papier. Les déplacements lents permettaient des micro-mouvements du dessinateur pour écrire l’empreinte d’un premier tracé cartographique.

Deuxième temps : un temps du regard, le public était convié à marcher sur le dessin.
Troisième temps : une succession d’applications de matières colorées acqueuses et poudreuses utilisant la mécanique du vol par le contre- poids, un temps dynamique.

Le dessin aérien est une forme «ouverte» qui continue de s’écrire. Elle questionne l’inter-relation du mouvement et du graphisme qu’il génère.

Faire apparaître, par une succession de passages, un paysage dessiné.
Transformer les envols, vols, suspensions,… en traits, traces aqueuses transparentes, jets de matières colorées en continuité du mouvement.
Celui qui dessine n’est pas celui qui voit. Celui qui voit n’est pas celui qui dessine.
Le dessinateur est articulé par le porteur. Il peut être un simple instrument de dessin articulé par le porteur comme il peut prendre les commandes du tracé graphique. Par la course, le saut, le jeté, il génère des ballants et des mouvements hélicoïdaux.
Les mouvements aériens résultent de la mécanique du contrepoids et peuvent se conjuguer pour donner des impulsions «pré-envols», décollages, vols et tous modes d’effleurements de la surface horizontale du papier.
Cet axe, celui de la corde qui lie deux corps et qui construit le dessin, est aussi, celui de la dimension de l’alter ego. Il nous donne à observer le rapport
à l’autre. Dans ce contexte, l’équilibre de l’alter ego réside en une confiance totale exprimée par des gestes contradictoires : être toujours à l’inverse de l’autre ou à la renverse de l’autre tout en restant en duo pour le tracé d’un trait. Cette contradiction s’articule pourtant dans l’ambiguité d’un rythme, en accord parfait, afin que le geste ne soit qu’un.