Dessin aérien, pratique en résidence

Résidence à l’ENACR 2014
Sandra Ancelot et Vincent Van Tilbeurgh
Les principes du dessin aérien avec le contrepoids humain.
Dessin sur une surface horizontale.

Le dessin aérien est une forme «ouverte» qui continue de s’écrire.
Elle questionne l’inter-relation du mouvement et du graphisme qu’il génère.
Un tracé cartographique d’un geste en duo.

L’ objectifs de la performance est de faire apparaître, par une succession de passages, un paysage dessiné.
Il s’agit de transformer les envols, vols, suspensions,… en traits, traces aqueuses transparentes, jets de matières colorées comme une continuité du mouve- ment.
Celui qui dessine n’est pas celui qui voit. Celui qui voit n’est pas celui qui dessine.
Le dessinateur est articulé par le porteur. Il peut être un simple instrument de dessin articulé par le porteur comme il peut prendre les commandes du tracé graphique. Par la course, le saut, le jeté, il génère des ballants et des mouvements hélicoïdaux.
Les mouvements aériens résultent de la mécanique du contrepoids et peuvent se conjuguer pour donner des impulsions «pré-envols», décollages, vols et tous modes d’effleurements de la surface horizontale du papier.
Cet axe, celui de la corde qui lie deux corps et qui construit le dessin, est aussi, celui de la dimension de l’alter ego. Il nous donne à observer le rapport
à l’autre. Dans ce contexte, l’équilibre de l’alter ego réside en une confiance totale exprimée par des gestes contradictoires : être toujours à l’inverse de l’autre ou à la renverse de l’autre tout en restant en duo pour le tracé d’un trait. Cette contradiction s’articule pourtant dans l’ambiguité d’un rythme, en accord parfait, afin que le geste ne soit qu’un. Toute la mécanique du contrepoids et des jeux chorégraphiques sont au service du geste dessiné qui trace au fur et à mesure des stractes comme une cartographie mémoire d’une écriture à deux.
Le déroulé graphique est à la fois écrit et maîtrisé autant qu’il reste attentif à l’improvisation.